Arrivé dans l’après-midi du jeudi 27 juillet à Aboisso, dans le cadre de la 6è édition des Journées de l’Administration Agricole Décentralisée(JAAD), Sangafowa Coulibaly, ministre de l’agriculture et du developpement rural (Minader),

a visité les installations industrielles de Sud-Comoé Caoutchouc(Scc). Une usine produisant du caoutchouc naturelle semi-fini, destiné à l’exportation. En présence d’une forte délégation de son département ministériel, des élus, des cadres et des actionnaires de Scc, le patron du Minader s’est, par la même occasion sur le jardin de Bois de greffe d’hévéa de Scc. Non sans se faire une idée de l’activité des jeunes pépiniéristes formés, équipés et installés par le projet d’appui au secteur agricole en Côte d’Ivoire(Psac). La visite s’est achevée avec la présentation de la pancarte résumant les résultats du Psac dans la région d’Aboisso. Bien avant, au cours de son allocution, Aka Aouélé, président du conseil d’administration de Sud-Comoé Caoutchouc, a indiqué que l’entreprise représente l’un des fleurons de l’agro-industrie traitant le caoutchouc. Poursuivant, le président du conseil régional du Sud-Comoé a nommément cité les actionnaires et les petits planteurs engagés depuis 2007 dans un partenariat gagnant-gagnant avec des belges. Il ajoute que la vision de l’installation de l’usine sur son site actuel est née de l’avènement du conseil général en 2002. A l’époque, rappelle Aka Aouélé, une convention a été signée avec la Saph en vue de la vulgarisation de la culture de l’hévéa, par la distribution de pépinières. Toujours en croire le Pca de Scc, quelques années plus tard, les choses vont s’accélérer avec la rencontre avec l’homme d’affaires Fulgence Koffi. Avec qui il a été convenu avec ses partenaires belges de la construction de l’usine en 2009.Pour les chiffres, Aka Aouélé dit que Scc produit 25.000 tonnes de caoutchouc et se classe à la 6è place au plan national. L’usine emploie 300 travailleurs en contrat à durée indéterminée dont 20% de femmes. On apprend que Scc ne dispose pas de plantations industrielles propres, l’usine achète la totalité du produit traité auprès des producteurs. Pour un montant de 13 milliards de F Cfa d’achat direct aux planteurs injecté dans l’économie locale. Le Pca scrute l’avenir avec de fortes projections. Toutefois, du fait de la concurrence déloyale des acheteurs du latex frais, les usiniers sont privés de fond de tasse. Voilà pourquoi le parlementaire demande au ministre Sangafowa de se pencher sur la question. Au plan social, Aka Aouélé se réjouit de la politique administrée en faveur des riverains, en matière de construction d’infrastructures de base. A son tour de parole, Koffi Fulgence, président du conseil d’administration de l’apromac, a indiqué que sous l’égide de l’interprofession du secteur, et fort de l’entente, la cohésion et la solidarité, sous l’impulsion de l’Etat, du privé et de bien d’autres structures, l’on note la bonne santé de la filière. Il en veut pour preuve, les 530.000 ha de plantations qui produisent 465.000 tonnes de caoutchouc ; dont 84% provenant de plantations individuelles et 16% via les industrielles. Sur sa lancée, il laisse entendre que le traitement du caoutchouc est assuré par 18 usines. Le fonds de developpement Hévéa(Fdh) créé à partir des prélèvements, se chiffre à 23 milliards de F Cfa. Cela a permis, informe le Pca, de créer 105.000 ha de plantations d’hévéa, avec des plants sélectionnés et subventionnés. Il affirme que 161.000 personnes exercent dans la profession, 221.000 plantations ont été géolocalisées, 4000 personnes formées aux métiers de l’hévéa, 1450 km de pistes entretenues. Contre le vol des fonds de tasse, la Centrale des risques permettra une bonne traçabilité du caoutchouc ivoirien, se convainc Koffi Fulgence. Pour lui, la sécurité s’établira par la délivrance de titres fonciers, comme ça été le cas en 2015 à Bonoua, par les soins du ministre. Pour les potentialités de la région, Koffi Fulgence dit qu’elle occupe 10% des surfaces nationales. Les soucis, c’est la reconnaissance de l’interprofession pas encore opérationnelle, transformer localement toute la production nationale, la valorisation du bois d’hévéa, sont, entre autres défis qu’il égrène..