L’association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire(apromac) cultive dans ses activités les valeurs de solidarité, d’entente et de cohésion.

Cela réjouit, à plus d’un titre, le président M. Koffi Fulgence. Car pour lui, c’est le secret de la réussite de leur structure qui regroupe les planteurs, les sociétés agricoles et les usiniers. L’alliage de ces ingrédients et les différentes expertises ont permis le développement de l’hévéaculture à l’apromac de réaliser des acquis considérables qui sont palpables sur le terrain. A titre d’exemple elle revendique: 534 000 ha de superficies totales plantées, une production de 465 577 T de caoutchouc sec dont 392 000 T (84 %) à partir des plantations villageoises, 161 401 planteurs dont 15% de femmes. Aussi privilégie-t-elle la qualité et la productivité. C’est pourquoi, l’association fait suivre les planteurs par 7 sociétés agricoles sélectionnés par appel d’offres pour une durée de 3 ans et la mise en place par l’apromac d’un mécanisme de fixation du prix d’achat du caoutchouc frais à usiner. Sur la base d’une étude réalisée par un cabinet, et validée par consensus par tous les principaux acteurs, ce mécanisme permet de payer aux planteurs 61% du prix FOB après déduction des prélèvements autorisés par l’ensemble des acteurs. Dans cette dynamique il y a eu la création d’un fonds en 2008, le Fonds de Développement Hévéa (FDH) afin de suppléer le manque de financement et soutenir le développement de plantations avec du matériel végétal de qualité.

Grâce à des prélèvements opérés sur les producteurs et les usiniers à partir du mécanisme des prix, ce fonds a permis de mobiliser près de 23 milliards de FCFA. Cette ressource financière a permis de créer 105 576 ha de plantations d’hévéa à partir de plants sélectionnés subventionnés, de former 4 636 personnes aux métiers de l’hévéa (pépiniéristes, greffeurs, saigneurs et planteurs), de reprofiler 1 414 kms de pistes, de poser 7 758 mètres linéaires de buses et de construire 61dalots pour faciliter l’accès aux plantations d’hévéa et l’évacuation du caoutchouc des planteurs…

C’est fort de ces avancées considérables que depuis 2014, l’APROMAC joue le rôle d’agence d’exécution dans le projet PSAC. Il s’agit d’un projet financé par l’Etat de Côte d’Ivoire, la Banque Mondiale, la France à travers le C2D et les filières agricoles. L’apromac vise l’excellence et une grande couverture nationale. Raison pour laquelle, elle souhaite surmonter les entraves et difficultés qui se dressent sur son chemin. Dans ce sens, M. Koffi Fulgence a noté la reconnaissance de l’interprofession de la filière hévéa en conformité avec l’ordonnance 2011-473 du 21 décembre 2011 relative aux Organisations Professionnelles Agricoles. A ce jour le collège des usiniers est créé, l’AUPCN. Cependant compte tenu des difficultés de mise en place du collège des producteurs, l’interprofession hévéa ne peut voir le jour, selon lui.

Il a également fait cas de l’opérationnalisation de la centrale des risques. Qui permettra de mettre en place le dispositif permettant de façon consensuelle de faire la traçabilité du flux matière et sécuriser les transactions financières. Il n’a pas manqué aussi de signaler la transformation de la totalité de la production nationale. Car, dira-t-il,

suite à la création de 105 000 ha grâce au FDH, à l’imposition par l’état d’une taxe sur le chiffre d’affaire qui a privé les usiniers de trésorerie pour augmenter leur capacité de transformation, l’exportation de fonds de tasses s’est développée et atteint le volume de 100 000 tonnes en 2016 comme le témoignent les centrales d’achat installées tout le long de l’axe Bonoua- Aboisso

Il a terminé par la difficulté de la valorisation du bois d’hévéa qui pourrait être une source de financement de la replantation du verger villageois vieillissant selon ses propos.

SABARI JOEL